Le Conseil municipal du 14 avril 2008, a été en partie consacré à l’analyse et au vote du Budget Primitif 2008. Retrouvez ici notre analyse détaillée du budget.
Nous avons voté contre ce budget en premier lieu car nous ne le jugeons pas sincère : nous estimons que les propositions faites pour les investissements sont très fortement majorées en raison de l’incapacité chronique de la Ville à réaliser dans les temps ceux prévus.
Mais surtout, plus grave, le Maire a été incapable ou n’a pas voulu répondre à nos interrogations sur l’avenir financier de la Ville et sa stratégie lorsque nous lui avons fait part de notre forte inquiétude sur la situation réelle de nos finances. En effet, l’analyse attentive du budget présenté rassure au premier abord puisqu’on découvre un report de plus de 20 millions d’euros de l’année passée. Mais ce « matelas » résulte en réalité du report d’années en années d’investissements, puisque la Ville n’arrive pas à réaliser les investissements promis et nécessaires (seulement 48% des investissements prévus en 2007 ont été réalisés)
Nous comprenons son malaise en séance : ce budget cache en réalité une impasse financière et une situation très dégradée, préoccupante pour l’avenir. Il reflète le manque d’anticipation et de stratégie sur le long terme pour accompagner les mutations de la Ville.
Nous comprenons mieux le vide du programme du Maire pendant sa campagne électorale : il n’a rien promis, que du vent ou des actions déjà engagées, car il n’a plus les moyens de sa politique. La situation de la Ville s’est en réalité très fortement dégradée depuis 10 ans :
- Une ville qui n’a presque plus de capacité d’autofinancement :
L’excédent de la section de fonctionnement ne représente plus que 2 millions d’euros, soit 1,5% du budget de fonctionnement, alors qu’il est de 8% en moyenne dans les villes de taille comparable. Comment financerons-nous les investissements à venir ? Plus grave, cet excédent ne permet plus de rembourser l’annuité du capital de la dette et la Ville devra puiser sur son « matelas » pour cela. Comment ferons-nous à l’avenir, quand ce « matelas » sera épuisé, en particulier après le financement de la Cité des Loisirs ? Emprunter pour rembourser est une pratique strictement interdite pour les collectivités locales et certaines ont été mises sous la tutelle du Préfet pour de telles situations.
- Un endettement de plus en plus important, qui tend à rejoindre la moyenne des villes de taille comparable.
Bien qu’il soit encore inférieur à la moyenne des villes, la dette par habitant a été multipliée par 10 depuis 2001, et approchera les 900 € par habitant fin 2008. Plus grave, en raison de sa faible capacité d’autofinancement, il faudrait plus de 33 ans à la Ville pour rembourser cette dette, contre 4 ans en moyenne dans les autres villes !
- Une impasse financière pour financer les équipements prévus et nécessaires : au vu des projets prévus, et même en utilisant le matelas de 20 millions, il restera encore 46 millions d’euros à financer à court terme (la réhabilitation du stade coûte à elle seul 48 milllions d’euros).
La Ville n’ayant presque plus de capacité d’autofinancement, où les trouveront-nous ? En augmentant encore la dette, et donc ainsi les charges de gestion pour payer les intérêts ? En augmentant fortement les impôts ? En réduisant drastiquement les dépenses de fonctionnement ? Dans ce cas, il faudrait commencer par revoir tous les contrats de prestataires externes et les frais d’honoraires, dont les dépenses explosent, plutôt que réduire le financement des services à la population (baisse de 1 million de la subvention au VAL – Vacances Animation Loisirs - en 2008).
Le Maire est responsable de cette situation :
- par l’absence d’anticipation et de stratégie à long terme pour définir et préparer le financement des investissements nécessaires pour faire face à l’explosion démographique, résultant de sa politique d’urbanisation;
- par le choix mal négocié et non maîtrisé de la sous-traitance au secteur privé, qui enrichit surtout les prestataires externes, sans améliorer la qualité des services aux habitants;
- par une gestion archaïque des services municipaux, dont il n’a pas su mettre en œuvre à temps la modernisation du fonctionnement;
- par une réhabilitation du stade, nécessaire, mais trop présomptueuse et coûteuse.
Malheureusement, que ce soit pour la gestion inconséquente de l’EPAD, dont le Maire est vice-président, que pour celle de la Ville, ce sont nous, les Courbevoisiens, qui paieront.
| Imprimer