Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog Groupe Mouvement Démocrate de Courbevoie et CAP 21 pour le jour suivant : 27.6.2008.

juin 2008
L Ma Me J V S D
« mai   juil »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

Archive pour 27.6.2008

Séjours de vacances : quelle politique pour les jeunes à Courbevoie ?

La subvention accordée au VAL (Vacances Animation Loisirs) a fortement chuté, passant de 6,1 millions d’euros en 2006 à 5,4 millions en 2007. Le Budget Primitif 2008 prévoit un montant de 6,3 millions d’euros. Rappelons que le VAL organise les centres de loisirs du mercredi, les séjours de vacances et les activités post-scolaires dans les écoles.

Lors du vote du budget au conseil municipal du 14 avril, nous nous étions émus de cette situation. M. le Maire nous avait alors assuré que cette diminution résultait d’efforts conséquents de gestion et n’avait aucun impact négatif sur la quantité et la qualité des prestations proposées par cet organisme.

Toutefois, vous êtes nombreux à nous avoir rapporté les difficultés que vous avez rencontrées pour inscrire vos enfants pour les séjours d’été, comme le montre l’un des témoignages reçus, publié sur ce blog le 16 juin dernier.

Face à cette situation, nous avons posé les questions suivantes au Maire lors du conseil municipal du 25 juin.
- Pouvez vous nous indiquer le nombre de places offertes par tranche d’âge, ainsi que l’évolution de cette offre sur les dernières années ?
- Combien de demandes n’ont pu être satisfaites, faute de place ?
- Que comptez vous faire pour améliorer cette situation et les conditions d’inscription ?

Mme Limoge, adjointe au maire, déléguée à la Vie scolaire et à la Jeunesse, nous a apporté les précisions suivantes, le 25 juin :
- environ 1500 jeunes de 4 à 17 ans accueillis dans les séjours organisés par la Ville. Ce chiffre est stable depuis plusieurs années.
- Cette année 30 séjours ont été proposés, contre 27 l’an passé. Il reste à ce jour encore 42 places disponibles sur les séjours de juillet et 37 en août.
- Toutefois, certains séjours sont très demandés et 47 enfants sont inscrits sur liste d’attente pour des séjours de juillet.
- Il faut ajouter à ces séjours, les sorties organisées par les maisons de quartier (environ 150 départs par an) et les centres de loisirs (environ 880).
Elle précise qu’une enquête de satisfaction sera bientôt envoyée aux parents afin de mieux connaître leurs souhaits et attentes.

Lors de ce conseil, Mme Limoge a estimé qu’il serait difficile de remédier aux files d’attente, qui sont imputables aux parents eux-mêmes qui se rendent très tôt sur place afin d’être certains d’obtenir le séjour de leur choix. Face à M. Lasserre, du groupe « Une autre ambition pour Courbevoie » qui lui suggérait alors de revoir l’offre pour augmenter le nombre de places dans les séjours les plus demandés, elle répond que la Ville développe un projet pédagogique, l’amenant à choisir les séjours et qu’il n’est pas dans sa vocation de développer une approche de type « marketing ».

En outre, elle prévient que la Ville n’a pas vocation à se transformer en organisme de vacances, pouvant satisfaire tous types de demandes. Elle rappelle aussi les contraintes financières de la Ville.

Pour notre part, nous entendons parfaitement les arguments développés par Mme Limoge. Nous sommes parmi les premiers à nous inquiéter de la dégradation de la situation financière de la Ville et à pointer l’importance des dépenses de fonctionnement, plus élevées que dans les communes de taille identique. Nous ne pensons pas non plus que la Ville ait vocation à se transformer en prestataire de vacances, style “Club Med ».

Pour autant, nous ne pouvons nous satisfaire de cette réponse. Car ce problème met directement en évidence la question première à notre sens : quelles politiques publiques à Courbevoie ? Et dans ce cas-ci, quelle politique de la jeunesse ? Jusqu’à présent, forte de sa manne financière, la Ville s’est contentée de distribuer à tous vents les subventions et de développer tout azimut des prestations et services. Sans se soucier souvent de leur pertinence ni de leur qualité.

Cette façon de gérer la Ville rencontre aujourd’hui ses limites : d’abord parce que la croissance des ressources se tarit en raison de la réforme de la taxe professionnelle. Ensuite parce que la forte augmentation de la population a inévitablement engendré des demandes plus importantes.

Oui, aujourd’hui la Ville dépense trop par rapport à ses recettes, surtout si elle veut continuer d’épargner pour financer les investissements nécessaires. Et il va bien falloir collectivement nous y attacher. La chose ne sera pas simple et nous le savons tous. Les Courbevoisiens n’attendent pas moins de service ; ils sont surtout, la plupart du temps, mécontents des services offerts. C’est donc bien que la Ville dépense beaucoup, oui, mais mal. Il ne s’agit donc pas de diminuer arbitrairement des crédits mais bien, en premier lieu d’analyser tous les coûts pour étudier à chaque fois, si le coût de réalisation interne ou payé à un prestataire externe est conforme à la qualité du service. Et deuxièmement si la dépense totale atteint ses objectifs en terme de politique publique, ou si finalement il n’aurait pas mieux valu s’abstenir ou faire autrement. Donc définir des priorités et faire des choix.

Un exercice qui demandera à chacun beaucoup d’objectivité et surtout de remiser aux placards les idéologies pour regarder ce qui est le mieux pour notre Ville et ses habitants.

Conscients des enjeux, nous participerons de façon responsable à ce débat et à ces choix. Pour cela, nous réaffirmons nos principes. Comme pour la réforme au niveau national, nous souhaitons que la modernisation du fonctionnement de notre Ville donne la priorité à l’éducation et à la formation des jeunes et garantisse la justice sociale. Ce sont les fondements du développement de citoyens libres et responsables et d’une République fraternelle et apaisée.

C’est pourquoi, les réponses apportées par Mme Limoge sur l’offre des centres de séjour ne sauraient nous satisfaire entièrement :

- On ne peut nier l’évolution de la société qui conduit une majorité de parents à travailler. Les congés annuels et les RTT ne suffisent pas à couvrir l’intégralité des vacances scolaires; la garde et l’encadrement des enfants et des jeunes pendant ces vacances sont une difficulté réelle des parents, que la collectivité ne peut ignorer. Tous les Courbevoisiens n’ont pas une mamie en Province ou un oncle à l’étranger pour accueillir leurs enfants.

- Toutes les familles courbevoisiennes ne partent pas non plus en vacances, faute de moyens …ou de congés annuels pendant les vacances scolaires.

- Les centres de loisirs existant dans la commune sont une des réponses possibles à apporter mais encore faut-il que de véritables projets pédagogiques y soient développés, permettant des activités variées et offrant un encadrement de qualité, avec des conditions matérielles satisfaisantes.

- Ils ne peuvent toutefois être la seule solution. L’été en région parisienne ne donne pas à nos jeunes le repos qu’offre le dépaysement ni l’enrichissement personnel qu’apporte la découverte de nouvelles régions, personnes ou cultures.

- La vie en collectivité pendant les séjours est une véritable école de la vie -et de ses règles- et une étape importante vers l’autonomie. Tous les parents qui ont découvert l’assurance gagnée par leurs chérubins au retour de ces séjours ne le démentiront pas.

Face à la forte augmentation de la population de notre Ville, la stabilité du nombre de séjours offerts et du nombre de bénéficiaires…montre en réalité une dégradation de l’offre par habitant. Dans la réflexion à venir sur les choix et priorités à donner dans les dépenses, ces arguments pèseront forts pour nous. La politique de l’Education et de la Jeunesse reste notre priorité.

Martine Volard

|