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Projet de PLU : où va Courbevoie ?

Le Conseil municipal a examiné mercredi 8 Juillet le projet de Plan Local d’Urbanisme (PLU). Un document, qui doit remplacer le POS (Plan d’occupation des sols), attendu depuis longtemps : la prescription de son élaboration date de 2002 et deux débats d’orientations générales ont déjà eu lieu en 2005 et 2007. Des reports dus à la nécessité pour la Ville d’intégrer le Plan de Renouveau de la Défense…et qui montrent bien les limites de ce projet :

- Le Maire, qui semble avoir pris la mesure des conséquences d’une urbanisation mal maitrisée des 20 dernières années, nous propose aujourd’hui un projet “défensif”, visant à maîtriser la construction de logements et à tenter de réparer les dégats des années passées. Mais ce document arrive un peu tard : le plus gros de l’urbanisation de la Ville a été réalisé avec un POS partiel ne couvrant pas la totalité de la Ville et des régimes spéciaux (les ZAC), sur une part très importante.

- Surtout, ce projet met en évidence les contradictions et les non-dits du Plan de Renouveau de la Défense : la Ville souhaite maîtriser la construction de nouveaux logements alors que le Plan de Renouveau va fortement accroître le nombre de personnes travaillant sur ce site. Où logeront-ils ? La ségrégation spatiale est en réalité toujours à l’oeuvre dans notre Région. On continue à accentuer les déséquilibres entre l’Est et l’Ouest, et les mouvements journaliers de la population la moins aisée, qui pourra encore moins facilement se loger près de son lieu de travail.

Le Président de la République a encore récemment, lors de sa visite le 30 juin dernier à la Défense, pris en référence le modèle de New-York pour justifier ce Plan. Mais Manhattan, où seuls les multimillionnaires et les jeunes cadres célibataires peuvent encore se loger, n’est-il pas aujourd’hui un modèle daté, l’anti-thèse de la ville durable que nous voulons construire ? Où va Courbevoie ?

Nous partageons les grands orientations du Plan d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) de ce projet et approuvons certaines mesures :

- Un zonage qui densifie autour de pôles de centralités, afin de les dynamiser et les rendre plus visibles.

- Des mesures de protection du commerce de proximité dans des zones définies.

- Des mesures de protection des espaces verts, de voies typiques et de bâtiments remarquables, permettant de protéger et valoriser notre patrimoine.

Mais le temps mis à réaliser ce PLU en fait déjà un document daté et plus suffisamment en phase avec les nouveaux enjeux de la Ville :

  • Le règlement du PLU pose peu d’exigence pour tendre vers un “habitat écologique”. Il tient peu compte d’innovations et d’expérimentations en cours dans d’autres villes ou dans les éco-quartiers. Il montre en fait peu d’ambition et d’imagination, au risque de rendre vaines les actions que nous attendons dans le cadre de la mise en place de l’Agenda 21.

  • Ce PLU s’appuie sur un diagnostic statistique et daté (des données population datant de 1999 non actualisées et largement dépassées, alors que dans le même temps la population de  notre Ville a augmenté de plus de 20%). La Municipalité pose un constat auto-satisfait sur les équipements publics alors que les besoins sont encore très importants, en particulier pour la petite enfance, les jeunes et les personnes âgées. Ce projet de PLU n’y répond pas.

  •  Le plan de zonage fait la part belle à deux zones “d’exception” : les quartiers de la Défense et le Centre-Ville, qui comportent en fait peu de règles normatives, et que la Ville ne se donne pas réellement les moyens de maîtriser :

  • En centre-ville,  un projet flou et imprécis qui reposera avant tout sur les propositions des promoteurs, au mépris des habitants actuels.

  • Sur la Défense, le plan de zonage n’a aucune cohérence et n’est que le reflet des projets de tours. Ainsi, la zone du quartier des Damiers au bord de la Seine, permet, sans cohérence avec les zones autour, une très grande hauteur de construction. Il s’agit sans aucun doute de permettre la réalisation du projet Hermitage, en contradiction totale avec l’objectif affiché de maîtriser la “skyline” de la Ville et de ses entrées.

Enfin, ce projet nous semble surtout affaire de communication et montre, comme à l’habitude à Courbevoie, un double discours. D’un côté le Maire se gargarise de mixité sociale en posant une obligation de 20% de logements sociaux pour toutes les constructions neuves. Mais la réalité est toute autre : dans les quartiers où ces constructions neuves semblent encore possibles (le Centre-Ville et l’Entrée de Ville du Pont de Courbevoie), le règlement, étonnamment, ne pose pas cette obligation. Lors du Conseil, le Maire a feint de s’en étonner, nous assurant, en particulier pour la zone du Pont de Courbevoie, que les permis de construire déposés comportaient bien 20% de logements sociaux. Mais qu’en sera-t-il en définitive, ces permis de construire tardant à se concrétiser ? Pourquoi, ne pas écrire cette obligation ?

Pour toutes ces raisons, ces doutes, ces manques, nous n’avons pas voté de projet. Mais nous voulons croire qu’il n’est pas encore définitif : il sera proposé en enquête publique auprès de tous les habitants en décembre 2009 et janvier 2010, pour une approbation définitive par le Conseil municipal au deuxième trimestre 2010.  D’ici là, nous espérons que le dialogue et des amendements soient encore possibles. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas voté contre et nous sommes abstenus…en attendant de voir quelles améliorations nous seront proposées.

Martine Volard

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