Jeudi 22 Octobre, Jean Sarkozy, dans une très belle mise en scène orchestrée par les communicants et avec la complicité de la télévision publique qui lui ouvre ses portes, annonce avec grandiloquence qu’il renonce à la Présidence de l’EPAD. Certains de s’extasier sur la grandeur de ce renoncement alors que c’est sa candidature –et sa probable réussite sans la mobilisation de l’opinion publique – qui était un véritable scandale ! Le fait qu’il ait fallu cette mobilisation de l’opinion publique et ce délai pour y renoncer est déjà révélateur du dysfonctionnement de notre démocratie.
Mais le 23 Octobre, en dépit du bon sens, les conseillers généraux UMP et Nouveaux Centre du Conseil général ont quand même élu Jean Sarkozy comme administrateur de l’EPAD. Rien effectivement ne s’y opposait et Jean Sarkozy est un conseiller général comme les autres…ou presque. Pour notre part, nous ne croyons pas un instant qu’un autre jeune conseiller général UMP, même brillant, eut bénéficié d’une telle promotion si rapidement. Mais on nous assure que le nom n’y est pour rien….. Il est quand même étonnant que la Majorité du Conseil général n’ait pas trouvé en son sein les compétences et l’expérience nécessaires pour gérer un établissement comme l’EPAD et qu’elle ait choisi d’élire Jean Sarkozy au poste d’administrateur de l’EPAD. Prenant le risque de l’impasse ou de la manipulation.
Car le renoncement de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD ne règle rien. Son élection comme administrateur montre même que tout cela n’est que poudre aux yeux pour calmer les esprits : la question de la gouvernance de l’EPAD et du projet pour la Défense restent entiers. Prochaine échéance le 4 décembre où le conseil d’administration de l’EPAD se réunit pour élire son président. Tout comme il n’était pas légitime que Jean Sarkozy en soit le président, il n’est pas plus admissible que l’EPAD soit dirigé par l’Etat, via un administrateur fonctionnaire, qui ne sera en fait qu’un pion sans pouvoir. Le problème posé est le même : la volonté du Président de la République de conserver – via son fils auparavant, via des hauts fonctionnaires demain – la gestion de l’EPAD et de n’accepter aucun contre-pouvoir, même de son propre camp, comme le prouve la mise à l’écart volontaire de Patrick Devedjian.
Pourquoi une telle volonté de maîtriser l’EPAD ? Bien évidemment, garantir la mise en œuvre de ce fameux Plan de Renouveau de la Défense, que Nicolas Sarkozy avait initié en qualité de Président du Conseil Général des Hauts de Seine, et dont il veut faire aujourd’hui SON projet présidentiel. A marche forcée, pour s’inscrire dans son agenda présidentiel. Sans tenir compte des habitants et des collectivités.
Non pas d’ailleurs que ces habitants et ces collectivités y seraient totalement opposés. Nous-même, ne réfutons pas entièrement ce Plan et partageons l’idée d’une modernisation de la Défense, outil indispensable de notre économie. Mais pas au mépris total des habitants qui vivent sur et à côté et qui dans certains cas, vont être délogés : ils seront les grands perdants de l’opération. Pas en sacrifiant notre cadre de vie et en nous vendant pour « développement durable » ce qui n’est que la poursuite des vieilles pratiques : un développement hyper-densifié et « tout béton » profitant surtout aux promoteurs immobiliers et accentuant le déséquilibre de la Région Ile-de-France. Pas pour s’accaparer des droits à construire qui viendront combler les errements du passé, sans garantir l’amélioration de la qualité de vie et la sécurité des usagers et habitants de
la Défense.
C’est pour cela que nous souhaitons que le Plan de Renouveau de la Défense soit entièrement repensé et mis en oeuvre par les collectivités territoriales, réunies dans une authentique intercommunalité pour développer un projet véritablement partagé, durable et équilibré. Un projet pensé avec les habitants et les associations locales et bien évidemment la Région et le Département. Et avec l’Etat, comme partenaire indiscutable mais pas comme principal décideur. Partout ailleurs en France, et même dans les Hauts de Seine, les communautés d’agglomération réussissent à mettre en œuvre des projets de développement harmonieux. Pourquoi pas ici ? L’intérêt national ne justifie pas tout. Les habitants des villes de la Défense méritent aussi d’être entendus et respectés.
Martine Volard
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