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Le rapport de la mission d’information sur la Défense

A la demande des groupes « Une autre ambition pour Courbevoie » et du groupe « Mouvement démocrate Courbevoie », le conseil municipal de Courbevoie a créé en son sein, par délibération du 15 décembre 2008, une mission d’information et d’évaluation des conséquences pour Courbevoie de l’Opération d’Intérêt National de la Défense. Cette commission, à laquelle participait Martine Volard, pour notre groupe, s’est réunie 4 fois et a auditionné les directeurs de l’EPAD et de l’EPGD. Son rapport a été présenté et débattu lors du dernier conseil municipal du 14 décembre dernier.

Vous pouvez télécharger ici l’intégralité de ce rapport.

Martine Volard est intervenue en conseil pour tirer les principaux enseignements de ce rapport. Vous pouvez lire ci-dessous son intervention.

 

“Monsieur le Maire, mes cher(e)s collègues,

Ce rapport ne nous apprend rien de vraiment neuf, beaucoup de choses ont déjà eté dites ici et ailleurs. On peut regretter que dans le même temps se préparaient les décrets d’extension de l’OIN et de fusion de l’EPAD et de l’EPASA, auxquels les élus membres de cette commission n’ont pas été associés, ni informés. Ce rapport confirme en fait ce que nous pensions et disons déjà depuis près de deux ans.

- Le Plan de Renouveau de la Défense n’est en rien un projet urbain –ce qui aurait justement pu être intéressant pour redonner de l’urbanité à un territoire hors-sol. C’est un projet immobilier de tours fait par et pour les promoteurs, qui « posent » des tours, sans se soucier ni des habitants ni de l’environnement. L’EPAD suit ou impulse ce mouvement pour récupérer des droits à construire. Lorsqu’on interroge M. Chaix sur le projet, en particulier pour la Défense il répond même qu’il se demande si cela est bien le rôle de l’EPAD, pour le directeur d’un établissement d’aménagement, cela est plutôt cocasse et montre bien que nous n’avons pas la même définition du mot »aménagement », ni du rôle de l’EPAD, et encore moins de ce que nous voulons à la Défense. Un manque de cohérence globale qui se traduit d’ailleurs par l’absence de réflexion globale sur l’approvisionnement énergétique et de travail en étroite synergie avec le SICUDEF.

Des conséquences négatives pour le logement et les habitants, en particulier les plus défavorisés et qu’on va déloger. C’est déjà le cas pour les habitants des Damiers, cela risque bien d’être le tour bientôt de ceux de la résidence La Lorraine et ensuite : ceux de l’Ancre, ceux du périmètre élargi ? En réalité, ce Plan accentue et accroît la ségrégation spatiale et sociale en repoussant toujours plus loin les classes populaires et moyennes, faisant de la Défense et de Courbevoie un ghetto de luxe et de riches. Un modèle porteur à terme de troubles sociaux, comme l’ont montré par le passé les incidents graves dans certaines banlieues. Il ne sert à rien de tenir ensuite des beaux discours, ni de mettre en place des soi-disant Plan Banlieue. Commençons d’abord par organiser une société réellement mixte où tout le monde a les mêmes droits, y compris celui d’habiter près de la Seine, ou près de son travail. Votre modèle de société, et qu’illustre le Plan de Renouveau de la Défense, n’est pas celui que nous défendons.

- Des conséquences pour notre cadre de vie : je ne suis pas sûre que tous les habitants de Courbevoie, en particulier ceux du quartier Gambetta et Faubourg de l’Arche, se rendent compte qu’ils vont bientôt vivre au pieds des tours, avec une luminosité amoindrie, et peut-être bientôt de grands panneaux lumineux, comme le montre votre projet de règlement de la publicité où vous faites de la Défense une zone d’exception. Décidément, le mythe de Manhattan poursuit certains.

- Des conséquences négatives pour les usagers qui vont continuer à se serrer comme du bétail dans les transports et sur la Dalle. Les projets annoncés n’y suffiront pas. D’ailleurs l’Arc Express n’est pas un projet à destination des habitants et salariés. Il reliera des centres d’affaires et non les lieux d’habitation à la Défense. M. Chaix lui-même reconnaît que Cœur Transport, le nœud où convergent tout le monde sous la dalle, pour rejoindre son train, son métro ou son RER, est saturé et qu’il faudrait repenser une partie de la Dalle pour le résoudre. Mais avec quel argent ?

- Parce que le fonds du problème est bien là. Quoiqu’on dise ou veuille faire, le modèle de la Dalle est aujourd’hui dépassé et nous enferme. Pour réellement mettre en œuvre ce Plan de Renouveau urbain, il faut casser et refaire, comme le montre le réaménagement du Boulevard circulaire. Mais cela a un coût aujourd’hui exorbitant, non encore totalement chiffré. Les incertitudes financières de ce Plan sont très nombreuses.

- Des incertitudes financières qui font craindre pour les finances de la Ville : incertitudes sur l’état de la dalle (toutes les études de stabilité ne sont pas terminées), la crise financière qui nous fait craindre que l’on « brade » les droits à construire pour faire avancer coûte que coûte ce projet présidentiel, une sécurité qui risque elle aussi d’être bradée, l’EPAD qui annonce un budget déficitaire sur la période jusqu’en 2016…et tout cela alors qu’on assèche nos ressources issues de la taxe professionnelle …

Pour tout cela, ce rapport montre bien les dangers pour notre Ville de ce Plan de Renouveau : un projet qui construit un modèle urbain qui n’est pas le nôtre. Manhattan est un modèle dépassé où les familles et les classes moyennes n’ont pas leur place. Pourquoi vouloir copier ce qui se passe ailleurs – l’argument de la compétition économique relève de la pensée unique et de la poudre aux yeux pour endormir tout le monde. Rester dans la compétition économique, c’est avant tout innover et aujourd’hui, inventer des éco-quartiers, mixant lieux de travail et lieux de vie. On va construire pour très cher – et le coût pour Courbevoie est sous-estimé, obérant ses capacités financières pour d’autres projets – pour un modèle déjà dépassé. Ce n’est pas être visionnaire mais regarder dans le rétroviseur.”

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