En avril dernier, j’ai démissionné de l’observatoire des relogements des Damiers, créé par le Maire de Courbevoie, ainsi qu’Anthony Klein, représentant du groupe”Une autre ambition pour Courbevoie”. Depuis le début, j’ai dit et affirmé que ce projet ne pouvait être acceptable que si les habitants actuels en bénéficiaient également. Soucieuse d’accompagner ces familles et de participer à la construction d’un projet viable, j’ai pourtant accepté de participer à cet observatoire.
Mais comme nous le craignions depuis sa création en Octobre 2008, cette instance composée de trois élus représentant les groupes siégeant au conseil municipal et de deux fonctionnaires de la Ville, n’était qu’un hochet destiné à endormir et détourner notre attention. Cette instance n’a jamais eu aucun vrai pouvoir : déjà la Ville a refusé d’y associer les habitants. Ensuite, les informations données par Logis Transports sur les propositions de relogement faites et les conditions de ces relogements étaient toujours incomplètes. Enfin et surtout, il manquait deux conditions essentielles et indispensables pour que cet Observatoire soit réellement une instance de concertation et de co-élaboration d’un projet acceptable par tous :
- l’Epad, véritable promoteur de ce projet n’était pas présent
- Aucun plan global de relogement, avec des mesures sérieuses d’accompagnement financier, n’a jamais été élaboré, proposé et discuté avec toutes les parties prenantes, et en toute transparence.
Deux évènements majeurs, montrant qu’on se moquait de nous, ont entraîné finalement notre démission : le refus du Maire de nous associer à une visite sur site de logements murés -et détruits, comme le confirme le rapport établi, au mépris de la règlementation. Enfin, l’absence d’information et de réunion de cet observatoire lors du dépôt de la demande de permis de démolir, fait grave et important, représentant une véritable pression sur les habitants.
Les faits montrent aujourd’hui que nous avions raison : en signant ce permis de démolir, non seulement le Maire ne tient pas les promesses qu’il a lui-même faites il ya un an puisque tous les habitants ne sont pas encore relogés (cf courriers à M.Devedjian, Logis Transports et Hermitage). Au mieux, il manque de courage, au pire, il se rend complice de la pression supplémentaire mise ainsi sur les habitants restant. Comment croire qu’on laisse à eux-ci un véritable choix et que rien ne les presse ?
En réponse à ma démission, le Maire m’expliquait que l’important n’était pas le permis de démolir mais l’autorisation de démolir, qui doit comprendre une note sur le plan de relogement. Pourquoi dans ce cas, accélérer le dépôt et la signature du permis de démolir alors que le Maire, tout comme Logis Transport et Hermitage, savent parfaitement que ce plan n’existe pas et que les relogements sont loin d ‘être assurés. Autrement dit, on met la charrue avant les boeufs…dans le seul but de faire partir plus vite et à moindre coût les habitants.
Monsieur le Maire, vous m’avez accusée de préférer polémiquer plutôt que de me mobiliser pour régler ce dossier : depuis deux ans, je me suis mobilisée, j’ai participé à cet observatoire, je suis même allée discuter avec vous personnellement pour avancer de façon constructive. A chaque fois, la même chose : des promesses et des paroles creuses devant ; la poursuite des pressions derrière.
L’intérêt général du projet Hermitage pour la Ville de Courbevoie, mis en avant par le Maire pour le justifier, n’existe pas s’il aboutit à supprimer des logements sociaux et intermédiaires ou à éloigner de notre Ville et de la Défense, sans contreparties sérieuses, des habitants -actuellement bien logés - qui souhaitent y rester.
Par son attitude et ses actes, notre Maire contribue encore un peu plus à dévaloriser les hommes politiques. Ne nous étonnons pas de l’abstention aux élections si les promesses faites et la parole donnée n’engagent pas. Et la signature de l’accord entre le groupe Hermitage et l’Epad, en présence des présidents Sarkozy et Medvedev, montrent que jusqu’au plus haut de l’Etat, aujourd’hui, la morale n’a plus cours.
Martine Volard
Lire aussi le Communiqué de presse des Elus Modem de la Défense
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28.6.2010 à 14:45
Madame Volard,
il m’est très agréable de vous lire.
Je pense que ce projet, à la finale, aura besoin de bouclier humain pour l’empêcher, espérons qu’il y aura assez de monde aux Damiers pour y participer.
Les locataires partent dans de très mauvaises conditions, et ceux qui sont sur place n’arrivent pas à se parler. Tous victimes de l’opacité de l’EPAD et de mairie sur ce projet.
Merci pour votre article et votre soutien
Maya
26.7.2010 à 18:19
Merci aux élus d’avoir tenter de faire entrer l’humain à la défense.
Votre démission est l’issue normale d’une manoeuvre politicienne connue depuis la nuit des temps : intégrer pour faire taire. L’absence de transparence semblait venir de l’epad mais la commune est tout aussi opaque ! On est loin de l’excellence…tellement loin que même ce projet me semble farfelu : un tiers plus haut que la plus haute des tours actuelles (First…toujours vide !), des logements à 14000 € le m2 alors qu’à ce prix, vous trouvez dans le très beau Paris… On est dans l’excellence du délire !